Le débat du 13 septembre 2007 organisé par Riviera Libre à 20h00 au Café-restaurant du Rivage à Vevey, a connu un bon succès. Avec une trentaine de participants, la discussion a duré deux heures environ. Sous la houlette de Laurent Busslinger, journaliste politique auprès de 24 Heures, Luc Recordon (Conseiller national et candidat au Conseil des Etats, Les Verts), Jacques-André Haury (Député et candidat au Conseil national, Ecologie Libérale) et Christelle Luisier Brodard (candidate au Conseil national, Les Radicaux), ont abordé le thème de la liberté de parole face à son parti avec beaucoup d’ouverture et de sincérité. En seconde partie de débat, le public a pu également poser des questions aux intervenants.

Luc Recordon ne peut s’empêcher de penser qu’une partie de sa liberté de parole doit être “aménagée” lors de l’adhésion à un parti car ce dernier prévoit un canevas de grandes idées qui, bien que générales, mettent un cadre à l’opinion politique. Ce cadre est néanmoins nécessaire pour réunir des citoyens dans un parti politique et leur offrir des moyens d’action. Jacques-André Haury voit plutôt l’adhésion à un parti comme un gain. Il a lui-même beaucoup reçu: en apprenant des expériences des autres, en comprenant le fonctionnement de notre démocratie. Le parti est aussi un lieu où l’on peut enrichir sa personnalité. Christelle Luisier Brodard est du même avis. Le parti permet à ses membres de confronter ses idées et ses opinions à celles des autres. Cette confrontation mène à une progression significative dans sa manière d’appréhender la politique. Par ailleurs, l’existence même des partis est nécessaire au fonctionnement de notre système proportionnel.
La problématique peut être plus large. Quelle est la marge de manoeuvre d’un parti face à des lobbies économiques ou syndicaux? Quelle est la marge de manoeuvre d’une section d’un grand parti face à l’échelon supérieur, cantonal ou national? Y-a-t-il une différence de liberté de parole selon le niveau de juridiction? Autrement dit, a-t-on plus ou moins de liberté au plan communal, au plan cantonal ou au plan fédéral?
Les trois intervenants s’entendent pour admettre qu’il existe des cultures de partis différentes. Certains partis donnent plus de droits aux individualités et d’autres mettent plutôt l’accent sur l’effet de corps. Un exemple particulier est celui de l’Union démocratique du centre (UDC) qui laisse, semble-t-il, peu de place à la dissidence. Cette unité lui permet cependant de progresser en terme d’électorat car l’UDC renforce la clarté de son message. De plus, elle dispose de moyens de marketing efficaces. Les socialistes paraissent aussi bénéficier d’une unité qui leur permet d’afficher un message clair et de progresser. Mais ces règles ne sont pas absolues puisque Les Verts progressent aussi, bien qu’ils aient tout de même la réputation d’être composés d’individualités. On verra si cela se confirme avec la participation d’Ecologie Libérale aux prochaines élections du 21 octobre 2007.
Les partis politiques sont-ils figés dans leur existence en Suisse? On constate qu’en France, les partis se font et se défont au gré des échéances et des élections. Cette pratique courante là-bas ne semble pas être prise en compte ici. Pourtant, on peut songer que la vie d’un parti a un début et une fin, bien que ses idées survivent. A cet égard, le déclin des Libéraux, des Radicaux et du Parti démocrate chrétien (PDC) laisse songeur. Sommes-nous à l’aube d’un renouvellement du centre et de la droite? Peut-être que le fédéralisme explique en partie cette difficulté à changer les choses. Mais Riviera Libre est là pour attester que le changement est possible!
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