24 Heures et la langue de bois

Les journalistes n’ont cesse de dénoncer la langue de bois des élus politiques, le plus souvent à juste titre. Mais les plumitifs ne sont pas en reste, à l’exemple de 24 heures. Le quotidien vaudois annonçait le 28 août la suppression de 50 postes dont 25 licenciements secs en raison de recettes publicitaires et de ventes en chute libre. Deux semaines plus tard, changement de ton: 24 Heures titre le 9 septembre: “De plus en plus de lecteurs” et sous-titre: “24 Heures reste de loin le leader dans le canton de Vaud”. Il est question de hausse spectaculaire de l’audience cumulée de la presse romande, dans laquelle les quatre plus grands quotidiens, tous édités par Edipresse totalisent 1,2 million de lecteurs, dans un marché en “pleine mutation”. “24 Heures défend avec succès sa position sur le marché vaudois.” 24 Heures progresse tellement qu’en fait son lectorat a baissé de 4,6%. Mais à part ça, tout va très bien, madame la marquise…

Langue de bois

On se demande à quoi servent les journalistes… Car l’équipe de 24 heures avec 17 journalistes de moins va nous faire un journal plus beau et plus complet. C’est le raide-en-chef Thierry Meyer qui l’affirme dans l’édition du 12 septembre:

Un journal pour tous les Vaudois avec plus d’informations, vous nous le réclamiez, il arrive (…) 24 heures renforce sa couverture de l’actualité cantonale et étoffe sa pagination (…) volume plus important d’informations cantonales (…) information plus dense (…) effort accrus sur les aspects pratiques de la vie quotidienne (…) notre site internet 24 heures.ch, relooké et redynamisé, à l’accès facilité, participe à notre effort enthousiaste pour mieux vous informer et mieux vous servir.

Le progrès n’a d’ailleurs pas tardé: depuis déjà quelque jours, les informations régionales ont disparu du site…

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