Des jeunes étrangers allophones écartés de la fin de scolarité : une bombe à retardement ?

Interpellation à la séance du Grand Conseil du 30 novembre 2010

Jusqu’ici les élèves primo-arrivants allophones qui n’avaient pas terminé leur scolarité dans leur pays d’origine pouvaient être enclassés en 9ème ou en classe d’accueil, quand bien même ils auraient dépassé l’âge légal de 15 ans.

Une directive de la Direction générale de l’enseignement obligatoire (DGEO) datée du 12 octobre 2010 remet en cause cette pratique.

Après consultation de la cheffe du Département, la DGEO demande aux directeurs et directrices des établissements secondaires de l’école obligatoire de ne plus admettre ces jeunes gens et jeunes filles dans les établissements de scolarité obligatoire, classes régulières ou classes d’accueil.

Les jeunes concernés sont désormais renvoyés aux structures du secondaire II et de la Transition 1. Or, celles-ci ne peuvent les accueillir que s’ ils ont 16 ans révolus et, par ailleurs, rien ne les oblige formellement à cet accueil, dans la mesure où elles ne relèvent pas de l’école obligatoire.

De plus, sans ce passage en 9ème année ou en classe d’accueil, la connaissance trop faible, voire inexistante, du français de ces jeunes ne pourra leur permettre d’engager une formation professionnelle ou des études subséquentes.

On contribue ainsi, par cette mesure, à faire de nouveaux exclus et futurs égarés que l’on a toutes les chances d’amener sur la route de l’aide sociale ou de la délinquance.

    1. Comment le Conseil d’Etat motive-t-il cette décision ?
      Comment le Conseil d’Etat justifie-t-il que ces jeunes primo-arrivants ne puissent demander une prolongation de la scolarité dans le cadre de la scolarité obligatoire comme tous les autres élèves du Canton de Vaud ?
      Que le Conseil d’Etat entend-il proposer pour encadrer ces jeunes s’ils ne peuvent pas avoir accès à des structures post-obligatoires ?

Vevey, le 15 novembre 2010               Jérome Christen

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Développement completLa DGEO a décidé en octobre que les élèves primo-arrivants allophones qui n’avaient pas terminé leur scolarité dans leur pays d’origine ne pouvaient plus être enclassés en 9ème ou en classe d’accueil dès lors qu’ils ont 15 ans révolus.

Les jeunes concernés sont désormais renvoyés aux structures du secondaire II et de la Transition 1. Or, celles-ci ne peuvent les accueillir que s’ ils ont 16 ans révolus et, par ailleurs, rien ne les oblige formellement à cet accueil, dans la mesure où ces structures ne relèvent pas de l’école obligatoire. Certains se retrouvent ainsi livrés à eux-mêmes durant une année.

Cette décision est injuste, discriminatoire et insensée.

Cette mesure est injuste parce que la plupart des élèves allophones dont il est question n’ont pas fait de 9ème année dans leur pays. Soit parce qu’ils ont déjà redoublé, soit parce que l’année scolaire commence en janvier pour les sud et centre-américains ce qui occasionne un décalage d’une année ou soit parce qu’ils n’ont commencé l’école qu’à 8 ou 9 ans, comme c’est le cas dans les pays africains.

Le critère qui devrait être déterminant ne devrait pas être leur âge, mais leur parcours scolaire et leurs compétences. L’objectif devrait être de leur proposer la solution la plus judicieuse du point de vue de leurs acquis scolaires et de leur future formation professionnelle.

Cette mesure est discriminatoire parce qu’elle représente une différence de traitement entre les élèves suisses et étrangers. Les élèves vaudois peuvent eux redoubler deux fois au cours de leur scolarité et peuvent demander une prolongation de la scolarité à son terme.

De plus, sans ce passage en 9ème année ou en classe d’accueil, la connaissance trop faible, voire inexistante, du français de ces jeunes ne pourra leur permettre d’engager une formation professionnelle ou des études subséquentes.

Cette mesure est insensée, parce que l’on contribue ainsi, à faire de nouveaux exclus et futurs égarés que l’on a toutes les chances d’amener sur la route de l’aide sociale ou de la délinquance.

Le Conseil d’Etat devrait l’annuler. Et décider qu’avant toute décision relative à l’orientation de ces élèves allophones, leur parcours scolaire soit examiné, ainsi que leurs connaissances en français, math, anglais et dans leur langue maternelle afin de pouvoir leur proposer une solution adaptée à leur intégration.

Pour être d’ailleurs en adéquation avec La nouvelle Loi sur l’enseignement obligatoire dont l’exposé des motifs insiste sur l’importance que les élèves aient parcouru l’ensemble des degrés de scolarité.

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